Manger Bio Sans Se Ruiner, C’est Possible !

Le bio a la cote et il est désormais partout, des épiceries spécialisées aux magasins hard discount. Fruits, légumes, mais aussi produits transformés sont en bonne place sur les étals.


Reste que le bio n’est pas accessible à toutes les bourses : selon plusieurs études comparatives, manger bio coûterait 60 à 80% plus cher par rapport à des courses traditionnelles.


Pourquoi cette différence de prix ? Est-elle vraiment justifiée ? Peut-on faire baisser la note, et enfin comment y parvenir ?

Qu’est-ce qu’un produit bio ?

Il n’est pas forcément facile de savoir ce qui se cache derrière le label « AB », pour « Agriculture Biologique ».

Si, dans l’esprit des consommateurs, cela revient à désigner des produits « plus naturels » ou encore « respectueux de la santé », ce ne sont pas forcément les premiers arguments avancés par ce label. 

Il est plutôt question de produits issus d’une agriculture :

  • Qui limite l’emploi d’intrants (engrais, insecticides)
  • Qui favorise la rotation des cultures
  • Qui permet le recyclage des matières organiques naturelles
  • Qui utilise la lutte biologique pour limiter les maladies & prédateurs
Ces méthodes de culture permettent une production qualitative, mais pas aussi quantitative que l’agriculture traditionnelle.

On estime en effet que les rendements du bio sont inférieurs de 15 à 30% à l’agriculture conventionnelle, ce pourcentage variant selon les variétés cultivées.

Un marché en pleine expansion

Malgré tout, le bio continue de se développer en France, où l’on compte déjà près de deux millions d’hectares cultivés en bio, soit 7,5% de la surface agricole totale du pays.

Il faut dire que le marché des produits alimentaires bio est en pleine expansion, pesant déjà près de 10 milliards d’euros dans l’Hexagone en 2018.

Le nombre de poules pondeuses bio aurait progressé de 31% durant la même année. Cette tendance n’est pas à la baisse, et plusieurs sondages sont venus confirmer l’image très positive du bio en général.

L’Agence Bio note d’ailleurs que 75% des consommateurs déclarent consommer régulièrement des produits bio, et la progression de l’alimentation biologique semble plus forte d’année en année.


Tous les secteurs sont concernés, de la restauration à la boulangerie, de la petite épicerie à la grande distribution en passant par les magasins spécialisés.

Pourquoi le bio est-il plus cher ?

Cependant, dans ce contexte commercial positif, il a été démontré que les distributeurs pratiquent des marges plus élevées sur les produits bio.

Une étude menée par UFC-Que Choisir a étudié dès 2017 les sur-marges de la grande distribution sur le bio, notant encore en 2019 que le secteur « capte 41% du surcoût du bio ».

Ainsi, si la production de l’agriculture biologique coûte plus cher que celle de l’agriculture traditionnelle, cela n’explique qu’en partie la différence de prix final entre les produits bio VS les produits non bio.

Ainsi, sur un kilo de pommes, le prix de production de pommes bio est plus élevé d’environ 70%, mais la marge brute appliquée est quant à elle supérieure de 150% par rapport à la marge brute appliquée à un kilo de pommes non bio. Une façon pour les grandes enseignes de gonfler leurs marges.

Selon l’étude UFC-Que Choisir, toujours sur un kilo de pommes non bio, vendu 2,04€, la marge brute de la grande distribution est de 0,89€. Le prix agricole est de 1,09€ le kilo. Ce prix agricole passe à 1,80€ le kilo lorsqu’il s’agit de pommes bio, et la marge brute connaît un bond énorme, de 0,89€ à 2,17€ - une hausse de près de 150% !

Le prix onéreux des produits bio n’est donc dû qu’en partie au surcoût de production agricole : les secteurs de la distribution et de la commercialisation tendent à gonfler les prix du bio à coup de marges élevées.

Alors comment manger bio en évitant une note trop salée ?

Le constat est donc clair : les produits bio sont nettement plus chers que les produits conventionnels. Il est cependant possible de faire baisser la note en suivant quelques principes simples.

Misez sur des épiceries et commerces spécialisés

On l’a vu : la grande distribution pratique des marges élevées sur les produits bio, il est donc tout à fait indiqué de se tourner vers d’autres types de points de vente.


Les supérettes bio et autres petits magasins spécialisés proposent de nombreux produits, à des prix souvent corrects. Cela n’empêche pas de comparer les prix, notamment en ce qui concerne les produits bio en vrac, parfois moins chers dans les hypermarchés.


Aujourd’hui, la moitié des produits bio sont achetés dans des magasins spécialisés. On retrouve parmi eux des enseignes désormais bien installées : La Vie Claire, Biocoop, Biomonde, Naturalia ou encore Les Nouveaux Robinson. Autant de bonnes adresses pour commencer votre quête du bio à prix correct.

Pensez aussi à rendre visite à votre primeur ou à faire un tour au marché du coin : le bio y est également présent !

Achetez des produits bruts ou peu transformés

Les produits bio les moins onéreux sont aussi les moins transformés. Il est donc préférable, pour votre porte-monnaie comme pour votre santé, de vous tourner vers des fruits et légumes frais, vers des céréales et légumineuses peu transformés plutôt que vers des plats préparés. Œufs et laits issus de l’agriculture biologique sont également disponibles à des prix tout à fait corrects.

Sachez qu’un plat préparé, bio ou non d’ailleurs, vous sera facturé plus cher que l’ensemble des ingrédients que vous auriez dû acheter pour le préparer par vous-même !

Notons, et c’est important, que voir la mention « bio » sur un produit ne signifie pas qu’il est meilleur pour votre santé qu’un produit non bio. Un plat préparé bio reste bien moins intéressant, d’un point de vue nutritionnel et gustatif, qu’un plat fait maison avec des produits bruts issus de l’agriculture conventionnelle.

La viande estampillée bio est particulièrement onéreuse

Peut-être l’avez-vous remarqué dans les rayons des supermarchés : la viande « AB » est souvent beaucoup plus chère que la viande traditionnelle. Qu’il s’agisse de volaille ou de viande rouge, les prix peuvent réellement s’envoler, y compris sur des produits de consommation courante. Ainsi les 4 steaks hachés de marque distributeur, 15% de matière grasse, sont proposés à 7,77€ le kilo ; le même produit en bio voit son prix au kilo nettement plus élevé : 12,85€.

La viande bio, quel que soit le point de vente choisi, est souvent hors de prix. Opter pour des labels de qualité, même s’ils ne sont pas forcément marqués AB, peut être une bonne solution pour trouver de la viande de qualité à un prix modique. Ainsi, le Label Rouge, qui jouit d’une bonne réputation, est moins cher que le bio, tout en apportant des garanties qualitatives proches de celui-ci.

Consommez différemment

Au-delà du fait que manger bio est meilleur pour la santé, l’essor du bio nous pousse à nous interroger sur nos modes de consommation. Consommer local, consommer bio, consommer de saison sont les facettes d’une prise de conscience commune, au sein de la société. 

De nombreux citoyens cherchent en effet à modifier leurs habitudes de consommation, que leur raison principale soit économique, écologique ou inhérente à leur santé. Réduire sa consommation de viande ou de poisson va dans le sens de l’écologie comme de la santé, quand manger de saison est bon pour ses papilles, pour son compte en banque et pour son tonus.

En d’autres termes, le succès du bio est aussi le succès de ceux qui cherchent à améliorer leur alimentation et à limiter leur impact sur la planète. En achetant des produits bio et peu transformés, le consommateur s’engage également dans la voie d’une alimentation moins excessive, plus naturelle et plus responsable.

Demain, limiter les surcoûts du bio est un enjeu majeur, afin que l’ensemble de la population puisse profiter de cette véritable prise de conscience par l’assiette.

P.-S. Un petit clic pour vous, un grand plaisir pour moi...

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